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Les origines mythologiques du Nippon Kempo

Auteur de l'article : Cyrille Cuny
nihon shoki
Le nippon kempo (nihon kenpô) est une création d’avant-guerre, en réaction contre les nouvelles règles du judo sportif qui, copiant les luttes européennes, avait interdit les atemi (techniques de frappe) pendant les combats. Selon ses fondateurs, sa (re)naissance ne serait en fait que celle du sumô antique, kodai sumô, qui se rapporte aux récits de pancrace narrés dans les Kojiki et Nihonshoki.
 
Dans le Kojiki, le mythe nous raconte que Takeminakata no kami, l’un des fils d’Ohokuninushi no kami, le maître de la terre, refuse, contrairement à son père, de se soumettre aux envoyés des puissances célestes. Lors, ce Takeminakata défie son rival céleste Takemikazuchinoo d’éprouver sa force contre la sienne, chikarakurabe. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un combat de lutte, ni d’un pugilat, mais plutôt d’une sorte de bras de fer, plus ou moins lié à des éléments magiques, au cours duquel Takeminakata sera par deux fois vaincus : (Nihonshoki, op. cit., p.265-266) le bras de son adversaire se change dans un premier temps en glace et en lame d’épée ; son propre bras étant à son tour saisi par Takemikazuchinoo, il se fait contrôler puis projeté sans aucune difficulté. Effrayé, le kami prend la fuite, mais vite rattrapé, il doit faire un acte de soumission pour sauver sa vie.
 
Nominosukune vs Taimanokuyehaya
Il faut souligner que les sumôtori font souvent remonter l’origine de leur pratique à cet épisode mythique, et il semble selon certaines sources qu’en début de combat un bras de fer, opposant les deux lutteurs, ait été conservé du moins jusqu’à l’époque d’Edo (1603-1867), afin, probablement, de réitérer ce mythe d’origine. En outre, certaines phases des combats-spectacles de lutte professionnelle, de même que quelques exercices des arts martiaux japonais, parmi ceux qui se veulent les plus « traditionnels », s’y rattachent sans conteste à travers un néoculte de l’homme fort.
 
Une légende mettant en scène Nominosukune et Taimanokuyehaya est également associée aux balbutiements du nippon kempo et du sumô. L’épisode nous est conté dans le Nihonshoki lors de la septième lune de la septième année de l’ère de l’empereur Suinin. Sur de sa force, Kuyehaya du village de Tagima, Tagima no mura, se dit prêt à affronter quiconque. Ce que l’empereur ayant entendu, il demande à son entourage qui pourrait rivaliser avec cet homme. Ainsi, quelqu’un lui ayant parlé de Nomi no Sukune, de la province d’Izumo, l’empereur l’envoie quérir pour combattre Kuyehaya. Les deux champions se retrouvent donc face à face, et chacun ayant attaqué l’autre à coups de pied, c’est Nomi no Sukune qui l’emporte en brisant les côtes de son rival, avant de lui casser les lombes jusqu’à le laisser pour mort. (UFNK - Cyrille Cuny - le 19/10/2010)

 

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