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Qu'est-ce que le Nippon Kempo ?Le Nippon Kempo est un art martial japonais dans lequel on retrouve une approche technique très éclectique, puisque même si l'accent est mis sur les percussions avec les poings (ken = poing, po = méthode) l'approche générale réside dans l'utilisation complète du corps. Ainsi, on retrouve la pratique des poings, des pieds, des genoux et des coudes pour tout ce qui est lié aux percussions, puis complétée par des amenées au sol et des immobilisations. D'un point de vue plus "humain", sa pratique n'a pour but que de développer un esprit fort et courtois (Jiriki-Seido) par l'intermédiaire de l'étude du combat. Cette étude fait intervenir un ensemble technique permettant de faire face à de nombreuses situations conflictuelles. La pratique du nippon kempo évolue dans une approche traditionnelle dans laquelle nous retrouvons le travail des fondamentaux (kihon), des techniques de combat (kihon kumite), des formes strictes (kata) et du jeu de combat libre compétitif (shiai). La singularité du nippon kempo repose dans la pratique du combat à frappe réelle sans dommage corporel. En effet, de nombreuses pratiques martiales ont été confrontées à l'équation liant la réalité des frappes proportionnellement à ses conséquences accidentogènes. Pour répondre à cela, le fondateur du nippon kempo, Muneumi Sawayama, créa un ensemble ingénieux de protections permettant la diffusion des impacts sans risque de dommage physique. Le tout permettant de s'exprimer pleinement et de jauger ses acquisitions techniques. Un bref historique du Nippon Kempo ?Du Karaté de combat au nippon kempo.Il convient de faire la distinction entre le "Nihon Kenpô karaté do" fondé par T.Yamada et le "Nippon Kempo" fondé par Sôkaï Sawayama (1906-1977). Le nippon kempo utilise des protections complètes pour le combat qui comporte des techniques de percussion, de projection et d'immobilisation. Malgré leurs différences, ces deux disciplines sont proches par leur contenu et surtout l'idée de base: développer le combat plein contact. S.Sawayama et le judo Ce n'est pas par hasard si les itinéraires de leurs deux fondateurs se sont croisés à un moment de leur jeunesse.dans l'histoire des arts martiaux, nous remarquons souvent deux types d'adeptes: ceux qui ont été robustes et forts depuis leur naissance et ceux qui ont été faibles pendant leur enfance.S.Sawayama était de ceux là. en entrant au collège en 1919, pour améliorer sa santé, puis pour se renforcer, il décide de s'adonner aux exercices physiques. il achète quelques livres sur la musculation et s'y exerce seul, notons qu'à cette époque, la connaissance de la musculation est peu répandue au Japon.Il s'initie en même temps au judo. Grâce à son effort soutenu, il fait des progrès remarquables. En 1925 il entre à l'université Kansaï où il continue le judo et obtient le 5 ème dan. passionné par une autre activité, la bagarre de rue, il fréquente les quartiers malfamés d'Osaka. Il cherche non seulement à trouver, mais à créer des occasions de se battre. C'est un point commun avec T.Yamada et C.Motobu. Il s'interroge à partir de son expérience sur le sens de l'art martial. Retour au ju-jutsuEn guise de réponse à ses questions, son maître de judo lui donne un thème de recherche: étudier les techniques de percussion dans le jujutsu classique, puisque celles-ci ont été éliminées au cours de la formation du judo. Ainsi S.Sawayama commence à étudier des techniques d'atemi en jujutsu. Or, la plupart des techniques de percussions du jûjutsu sont conçues avec le port du sabre et, bien qu'on s'y exerce à main nue, la technique du jututsu est attachée à l'utilisation du sabre. Par exemple, une des techniques des samouraï était de donner un coup avec l'extrémité de la poignée du sabre qu'ils portaient sur le côté gauche de la hanche. On y donne un coup en saisissant l'extrémité du fourreau en appuyant le pouce sur la garde du sabre. En jujutsu classique , on s'exerçait à cette technique sous forme d'un coup porté du poing gauche. Ainsi, les techniques de percussions en jujutsu sont secondaires et limitées. Telles est, du moins, la conclusion de S.Sawayama.C'est à ce moment qu'il entend parler d'un maître de karate qui vient de s'installer à Osaka, Kenwa Mabuni. Il commence à étudier le karate sous sa direction. Rencontre avec YamadaA l'insu de son maître,S.Sawayama continue à se battre dans la rue.Dans un des quartiers malfamés, il fait la rencontre de T.Yamada qui rôde aussi, problamement pour le même but.Celui-ci lui dit qu'il est l'élève de C.Motobu dont S.Sawayama connaissait le nom par son combat contre un boxeur. Recherche pour un karaté efficacePour s'exercer au combat avec sécurité, il essaye même des protections qu'il rejette par la suite. Sur la recherche du combat, la démarche de S.Sawayama est plus rapide et plus radicale que celle de son maître.A l'université, il élabore une méthode d'entraînement. il met au point des exercices de combat conventionnel et aussi libre.S'appuyant sur l'expérience du combat libre, il continue à élaborer de nouveaux exercices. Le combat, principal problème du karaté.Il lui paraît nécessaire d'élaborer des protections.Il prend modèle sur le kendô pour les protections et aussi pour l'exercice du combat.Selon S.Sawayama, comparativement au sabre, la méthode du karaté est en retard et elle correspond à celle du sabre du moyen âge où l'on s'exerçait principalement au kata, et, parallèlement pour se préparer au combat, on s'entraînait avec un vrai sabre ou avec un sabre en bois en contrôlant des coups.Avec l'utilisation des armures de protection à partir de la fin 18 ème siècle, la technique du sabre Japonais a fait d'énormes progrès en accumulant les expèriences de combat libre.En karaté, dans l'île principale du Japon, aucun maître, excepté C.Motobu, n'est capable d'enseigner le combat.Le karaté que rencontre S.Sawayama n'ayant ni expérience, ni méthode, ni système de combat, celui-ci juge donc que la méthode du karaté est bien en retard. L'influence de maître Sawai.Durant son séjour en Chine, il s'intéresse aux arts martiaux Chinois, et il a fait la connaissance avec K.Sawaï qui étudie alors le Yi quan sous la direction de Wang Xiangzhai. En 1932, S.Sawayama fonde le nippon kempo. En 1952, le Major Chiba Sanshu et Maitre Ryonosuke Mori créent le Toshu Kakuto, une méthode de Close-Combat (hakuheisen) dérivée du Nippon Kempo mis en usage dans l'armée Japonaise. |